Полное собрание сочинений в 10 томах.

683. С. С. ХЛЮСТИНУ

4 февраля 1836 г. В Петербурге
Monsieur,

Permettez-moi de redresser quelques points où vous me paraissez dans l'erreur. Je ne me souviens pas de vous avoir entendu citer quelque chose de l'article en question. Ce qui m'a porté à m'expliquer, peut-être, avec trop de chaleur, c'est la remarque que vous m'avez faite de ce que j'avais eu tort la veille de prendre au cœur les paroles de Senkovsky.

Je vous ai répondu: «Я не сержусь на Сенковского; но мне нельзя не досадовать, когда порядочные люди повторяют нелепости свиней и мерзавцев». Vous assimiler à des свиньи и мерзавцы est certes une absurdité, qui n'a pu ni m'entrer dans la tête, ni même m'échapper dans toute la pétulence d'une dispute.

A ma grande surprise, vous m'avez répliqué que vous preniez entièrement pour votre compte l'article injurieux de Senkovsky et notamment l'expression «обманывать публику».

J'étais d'autant moins préparé à une pareille assertation venant de votre part, que ni la veille, ni à notre dernière entrevue, vous ne m'aviez absolument rien dit qui eût rapport à l'article du journal. Je crus ne vous avoir pas compris et vous priais de vouloir bien vous expliquer, ce que vous fîtes dans les mêmes termes.

J'eus l'honneur alors de vous faire observer, que ce que vous veniez d'avancer devenait une toute autre question et je me tus. En vous quittant je vous dis que je ne pouvais laisser cela ainsi. Cela peut être regardé comme une provocation, mais non comme une menace. Car enfin, je suis obligé de le répéter: je puis ne pas donner suite à des paroles d'un Senkovsky, mais je ne puis les mépriser dès qu'un homme comme vous les prend sur soi. En conséquence je chargeais m-r Sobolévsky de vous prier de ma part de vouloir bien vous rétracter purement et simplement, ou bien de m'accorder la réparation d'usage. La preuve combien ce dernier parti me répugnait, c'est que j'ai dit nommément à Sobolévsky, que je n'exigeai pas d'excuse. Je suis fâché que m-r Sobolévsky a mis dans tout cela sa négligence ordinaire.

Quant à l'impolitesse que j'ai eue de ne pas vous saluer, lorsque vous m'avez quitté, je vous prie de croire que c'était une distraction tout-à-fait involontaire et dont je vous demande excuse de tout mon cœur.

J'ai l'honneur d'être, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

A. Pouchkine.
4 février. 1)

 

Бібліотека ім. О. С. Пушкіна (м. Київ).
Про О.С. Пушкіна