Полное собрание сочинений в 10 томах.

600. П. А. ОСИПОВОЙ

29 июня и 13 июля 1834 г. Из Петербурга в Тригорское

Je vous remercie de tout mon coeur, chère, bonne et aimable Прасковья Александровна, pour la lettre que Vous avez eu la bonté de m'écrire. Je vois que vous me gardez toujours la même amitié et le même intérêt. Je m'en vais vous répondre franchement sur ce qui regarde Reichman. Je le connais honnête homme, et pour le moment, c'est tout ce qu'il me faut. Je ne puis avoir de confiance ni en Michel, ni en Penkovsky, vu que je connais le premier et que je ne connais pas le second. N'ayant pas l'intention de venir m'établir à Boldino, je ne puis songer à relever un bien qui, entre nous soit dit, touche à une ruine complète; je veux seulement n'être pas volé, et payer les intérêts du lombard. Les améliorations viendront ensuite. Mais soyez tranquille: Reichman vient de m'écrire que les paysans sont dans un tel état de misère, et les affaires en si mauvais train, qu'il n'a pu prendre sur lui l'administration de Boldino, et que dans ce moment il est à Malinniki.

Vous ne saurez vous imaginer combien l'administration de ce bien me pèse. Il n'y a pas de doute que Boldino mérite d'être sauvé quand ce ne serait que pour Olga et Léon, qui pour perspective, ont la mendicité ou tout au moins, la pauvreté. Mais je ne suis pas riche, j'ai une famille à moi, qui dépend de moi, et qui sans moi tombera dans la misère. J'ai pris un bien qui ne me rapportera que des soucis, et des désagréments. Mes parents ne savent pas qu'ils sont à deux doigts d'une ruine totale. S'ils pouvaient prendre sur eux de rester quelques années à Michailovsky, les affaires pourraient s'arranger, mais cela ne se fera jamais.

Je compte vous voir cet été, et comme de raison m'arrêter à Trigorsky. Veuillez présenter mes hommages à toute votre famille et recevez encore une fois mes remerciements, et l'expressions de mon respect et de mon inaltérable amitié.

A. P.
29 juin.
St.-Pb.

13 juillet. Voici une lettre qui devait déjà être chez vous depuis deux semaines. Je ne sais comment elle n'est pas encore partie. Mes affaires m'arrêteront encore quelque temps à Pétersbourg. Mais j'ai toujours le projet de me présenter à votre porte. 1)

 

Бібліотека ім. О. С. Пушкіна (м. Київ).
Про О.С. Пушкіна