Полное собрание сочинений в 10 томах.

597. А. X. БЕНКЕНДОРФУ

6 июля 1834 г. В Петербурге

Monsieur le Comte

Permettez-moi de vous parler à coeur ouvert. En demandant mon congé, je ne pensais qu'à des affaires de famille embarrassantes et pénibles. Je n'avais en vue que l'inconvéniant d'être obligé de faire plusieurs voyages tandis que je serais attaché au service. Sur mon Dieu et sur mon âme, c'était ma seule pensée; c'est avec une douleur profonde que je la vois si cruellement interprétée. L'empereur m'a comblé de grâces dés le premier moment que sa royale pensée s'est portée sur moi. Il y en a auxquelles je ne puis penser sans une profonde émotion, tant il y a mis de loyauté et de générosité. Il a toujours été pour moi une providence, et si dans le cours de ces huit ans il m'est arrivé de murmurer, jamais, je le jure, un sentiment d'aigreur ne s'est mêlé à ceux que je lui ai voué. Et dans ce moment, ce n'est pas l'idée de perdre un protecteur tout puissant qui me remplit de douleur, c'est celle de laisser dans son esprit une impression que par bonheur je n'ai pas méritée.

Je réitère, Monsieur le Comte, ma très humble prière de ne pas donner de suite à la demande que j'ai faite si étourdiment.

C'est en me recommandant à Votre puissante protection, que j'ose vous présenter l'hommage de ma haute considération.

Je suis avec respect Monsieur le Comte de Votre Excellence le très humble et très obéissant serviteur

Alexandre Pouchkine.
6 Juillet.
St-P. 1)

 

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