Полное собрание сочинений в 10 томах.

167. АЛЕКСАНДРУ I

Начало июля — сентябрь (до 22) 1825 г.
Из Михайловского в Петербург

Des propos inconsidérés, des vers satiriques me firent remarquer dans le public, le bruit se répandit que j'avais été traduit et fouetté à la chancellerie secrète.

Je fus le dernier à apprendre ce bruit qui était devenu général, je me vis flétri dans l'opinion, je suis découragé — je me battais, j'avais 20 ans en 1820 — je délibérais si je ne ferais pas bien de me suicider ou d'assassinerV.

Dans le 1-er cas je ne faisais qu'assurer un bruit qui me déshonorait, en l'autre je ne me vengeais pas puisqu'il n'y avait pas d'outrage, je commettais un crime, je sacrifiais à l'opinion d'un public que je méprise un homme auquel tenait tout et talent dont j'avais été l'admirateur involontaire.

Telles furent mes réflexions. Je les communiquais à un ami qui fut parfaitement de mon avis. Il me conseilla des démarches de justification envers l'autorité — j'en sentis l'inutilité.

Je résolus de mettre tant d'indécence, de jactance dans mes discours et mes écrits qu'enfin l'autorité soit obligé de me traiter en criminel — j'espérais le Sibérie ou la forteresse comme réhabilitation.

La conduite magnanime, libérale de l'autorité me toucha profondément, en déracinant entièrement une ridicule calomnie. Depuis jusqu'à ma disgrâce s'il m'est quelquefois échappé des plaintes contre un ordre de choses reçu, si quelquefois je m'abandonnais à de jeunes déclamations, je suis pourtant bien sûr d'avoir toujours respecté soit dans mes écrits soit dans mes discours la Personne de Votre Majesté.

Sire, on m'a accusé d'avoir compté sur la générosité de votre caractère — je vous ai dit la vérité avec une franchise dont il serait impossible d'être capable envers tout autre souverain du monde.

Aujourd'hui j'ai recours à cette générosité. Ma santé a été fortement altérée dans ma jeunesse — un anévrisme de cœur exige une prompte opération ou un traitement prolongé. Le séjour de Pscov la ville qui m'a été assignée ne peut me procurer aucun secours, je supplie Votre Majesté de me permettre le séjour d'une de nos capitales ou bien de m'ordonner un endroit de l'Europe où je pourrais prendre soin de mon existence.1)

 

Бібліотека ім. О. С. Пушкіна (м. Київ).
Про О.С. Пушкіна