Полное собрание сочинений в 10 томах.

157. О. С. ПУШКИНОЙ

10 — 15 августа 1825 г. Из Михайловского в Петербург

Ma bonne amie, je vous crois arrivée. Mandez-moi quand vous comptez partir pour Moscou et donnez-moi votre adresse. Je suis bien triste de ce qui m'est arrivé, mais je l'avais prédit, ce qui est très consolant comme vous savez. Je ne me plains pas de ma mère, au contraire je lui suis reconnaissant, elle a cru me faire du bien, elle s'y est prise chaudement, ce n'est pas sa faute si elle s'est trompée. Mais mes amis — ils ont fait expressément ce que je les avais conjuré de ne pas faire. Quelle rage de me prendre pour un sot et de me pousser dans un malheur que j'avais prévu, que je leur avais indiqué? On aigrit Sa Majesté, on prolonge mon exil, on se moque de mon existence, et lorsqu'on est étonné de toutes ces bévues, on me fait ses compliments sur mes beaux vers et l'on va souper. Que voulez-vous, je suis triste et découragé — l'idée d'aller à Pskoff me parait souverainement ridicule, mais comme on sera bien aise de me savoir hors de Михайловское, j'attends qu'on m'en signifie l'ordre. Tout cela est d'une légèreté, d'une cruauté inconcevable. Encore un mot: ma santé demande un autre climat, on n'en a pas dit un mot à Sa Majesté. Est-ce sa faute s'il n'en sait rien? On me dit que le public est indigné; je le suis aussi, mais c'est de l'insouciance et de la frivolité de ceux qui se mêlent de mes affaires. O, mon dieu, délivrez-moi de mes amis!1)

Няня заочно у вас, Ольга Сергеевна, ручки целует голубушке моей.

 

Бібліотека ім. О. С. Пушкіна (м. Київ).
Про О.С. Пушкіна