BOUDRIS ET SES FILS (BYDEIS IIEGO SYNOVIA)
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BOUDRIS ET SES FILS

(BYDEIS I IEGO SYNOVIA)

Traduit de Pouchkine

Boudris a trois fils, trois vrais Lithuaniens comme lui. Il les appelle et leur parle de la sorte* : — « Enfants, que vos selles soient en bon état ; que vos chevaux soient prêts ; aiguisez vos lances et vos sabres.
La nouvelle est sûre : contre les trois contrées du monde*, trois chevauchées se préparent à Vilna. Paz marche aux Polonais ; Olgerd contre les Prussiens, et contre les Russes le voiévode Kestout*.
Vous êtes jeunes, forts, vigoureux ; que les dieux de la Lithuanie vous protègent. Cette fois, je n'irai pas en guerre ; vous irez tous les trois : à chacun son chemin.
A chacun sa récompense. Toi, vers Novgorod, tu trouveras du butin chez les Russes. Leurs femmes parées comme des châsses ont des habits dorés ; leurs maisons sont pleines. On vit au large en ce pays.
Toi, chez les Prussiens, chez les Krijaks maudits tu gagneras honneur et profit : de l'or de toutes les parties du monde, des draps aux vives couleurs, de l'ambre... C'est leur sable de mer.
Et toi, le troisième, avec Paz, pousse ta pointe hardiment sur les Liakhs. En Pologne, peu de gloire, peu de profit*. N'oublie pas d'en rapporter des sabres. Mais de ce pays, je gage, on me ramènera une bru.
Non ! dans le monde il n'y a pas une princesse qui vaille une fille de la Pologne. Enjouées !... on dirait des chattes autour du poêle*. Rosés comme la rosé, blanches comme la crème ! Des yeux comme des flambeaux !
Je fus jeune, enfants. J'ai chevauché jadis en Pologne, et j'en [ai] ramené une petite femme. Voilà que j'ai vécu un siècle, ettoujours j'y pense, quand je regarde à cette place* »
Ses fils lui disent adieu et se mettent en campagne. Le vieillard les attend, il les espère en gardant la maison*. Les jours succèdent aux jours, pas un ne revient. Boudris est pensif. Il faut qu'ils soient morts ! La neige tombe, un des fils revient. Sous sa capote on voit un gros paquet.
— Voyons ! que nous rapportes-tu là ? Qu'est-ce ? Des roubles ? — Non, père, une petite Polonaise.
La terre est couverte d'un duvet de neige. Arrive au galop un cavalier avec un paquet qu'il couvre de sa capote noire. — Et bien ! qu'y a-t-il dans ta bourka* ? Du drap noir aux vives couleurs ? — Non, père. Une petite Polonaise.
La neige tombe, et le troisième fils arrive au galop portant une charge bien enveloppée dans sa capote. Le vieux Boudris fait la grimace*, et sans plus de questions il convie ses voisins à trois noces.

Notes


...Il les appelle et leur parle de la sorte. — Non, mais : il s'en vient parler à ses gaillards (он пришел толковать с молодцами).
...contre les trois contrées du monde. — Non, contre trois contrées. II y en a plus de trois au monde.
...Kestout. — Pour des raisons de rythme sans doute, Pouchkine a légèrement modifié les noms des guerriers lithuaniens. Chez Mickiewiez, Olgerd marche contre les Russes, Keystut contre les Teutons, Skirgello contre les Polonais.
...peu de gloire, peu de profit.— Non, mais: peu de richesse, peu de
splendeurs (мало богатства и блеску).
...des chattes autour du poêle ! — Mérimée aimait à citer ce vers. C'est ainsi qu'il écrit à Tourguénief, le 9 octobre 1868 : «Ce monsieur a son pucelage, il lit des lettres de métaphysique et est amoureux d'une petite coquette blanche et rosé, как котенок у печки. — (Europe nouvelle, 27 avril 1929, p. 539).
...à cette place. — Non : de ce côté-là (в ту сторону).
...en gardant la maison. — Contresens. Домовитый figure bien dans Reiff avec le sens d'économe, ménager.
...ta bourka. — Burnous en feutre de laine.
...fait la grimace. — Contresens, Boudrys s'empresse tout simplement (хлопочет). Le mot figure dans Reiff avec le sens de se trémousser, se donner de la peine.

H. Mongault
 

Оригінал твору

Бібліотека ім. О. С. Пушкіна (м. Київ).
А.С. Пушкин. Полное собрание сочинений в десяти томах

 

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